Mon ressenti sur le GR20

Gérard
Gérard

le 2017-07-27 à 16:36 Citer ce message

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Après j'arrive à bien relativiser car je sais que par rapport au topo guide nous sommes largement en avance dans les montées et les parties roulantes, et que dans les descentes techniques je respecte les chronos du topo.



Je me dis que je ne suis pas là pour me foirer le GR, j'ai la chance de pouvoir le faire, et je vais pas me compromettre cette chance par un comportement inapproprié.

Je prends mon temps, je lève les yeux, je regarde, je me dis : p,,,,, que c'est beau ! C'est dur, mais c'est beau ,,,,, je repars les yeux sur les cailloux, a chercher la meilleure trajectoire, parfois celle de Kiki, parfois une autre qui me semble plus pratique (eh non!!) le caillou qui me semble le plus stable, la marche la moins haute à monter ou a descendre, car les descentes font mal aux cuisses et aux genoux (même 3 semaines après)



Sur le GR, j'ai appris à prendre mon temps, moi qui me déplaçait toujours avec un chrono, un GPS,,, car il n'y a pas de place à l'imprudence.

Il m'arrivait fréquemment de remercier le rocher qui me tenait la main, la branche qui m'aidait à descendre et soulage les articulations.

Quand on a pas le sens de l'équilibre, eh bien on met souvent les mains et parfois le cul, tant pis pour le ridicule, il faut que le sac à dos soit costaud car ça frotte souvent,,,,

On se fait doubler, on double des gens, mais ce n'est plus une course, c'est chacun son rythme. On revoit des visages qui deviennent familiers car on se suit tous plus ou moins depuis le début et personne n'a encore doublé d'étapes.

Le fil d'Ariane, c'est les balises rouges et blanches, par deux fois on les a perdu et c'est un grand coup de stress, alors on fait demi tour jusqu'à la dernière aperçue, ou alors on se renseigne, à distance, parfois en anglais ,,,, des fois les 2 voies se rejoignent, ça évite de remonter ce que l'on a descendu pour rien, parfois il faut faire demi tour car c'est trop hasardeux ,,,,,

Arrivé sur un plateau, en haut d'une ascension, on s'arrête quelques minutes, on profite du paysage, on fait des photos, je te prends en photo avec ton pote, tu me prends en photo avec Kiki, on fait une photo de groupe,on croise des têtes connues, viens avec nous sur la photo ,,,,, on échange nos sensations sur la dernière ascension ,,,,, là, j'en ai bavé ,,,,, moi aussi ,,,,, on regarde le topo, on évalue ce qu'il nous reste à faire et puis chacun repart à son rythme, le but final, c'est la fin de l'étape.

La plupart partent à 7h, d'autres à 6h, certains plus tard ,,, les arrivées se font tout le long de la journée, de 11 h comme aujourd'hui pour les plus rapides, partis tôt ,,,, 14h, 15h et plus tard pour ceux qui ont décidé de doubler, par nécessité pour finir le GR dans un délai imparti, ou par défi sportif en 6 jours, 7 jours, 10 jours ,,,,,,,



Le GR20, c'est comme la quête du Graal, il faut le mériter, il faut le gagner, mais il faut avant tout y croire et avoir envie d'y aller.

Quand je suis parti, je savais que j'allais vivre pendant 12 jours une expérience inédite pour moi, même si le GR je l'avais déjà un peu parcouru en photos,vidéos et récits ,,,

Même y croire parfois ne suffit pas, car certains passages parfois peuvent suffire à te faire abandonner, physiquement ou psychologiquement.

Physiquement, tu peux rien faire, c'est la chute, la cheville qui part, c'est l'abandon.

La fatigue physique, si tu as le mental, tu repars toujours. Tu t'arrêtes, tu récupères, tu manges un bout et tu repars toujours : au lieu d'arriver à 13h, tu arrives à 16h, c'est pas grave, tu es arrivé au bout, une bonne nuit de sommeil et demain ça ira mieux ,,,,, ou pas ,,,,,

L'abandon psychologique, c'est plus compliqué, ça ma effleuré au départ de la 4eme étape. Mais faire demi tour au milieu d'une étape, c'est encore plus périlleux, car faire marche arrière est parfois plus compliqué que d'aller vers l'avant, vers l'inconnu. Faire demi tour, tu sais que tu vas devoir redescendre tout ce que tu as monté et tu sais très bien que c'est impossible, car tu vas buter au même obstacle auquel tu es en train de renoncer.

Alors,tu avances et tu te dis que l'obstacle que tu viens de franchir était le plus terrible et que le reste maintenant sera plus facile, mais en fait tu n'en sais rien, l'important c'est de s'en persuader sur le moment et d'y croire....

Alors tu regardes dans le topo-guide, l'étape de demain, tu sais qu'il y aura 2 ou 3 passages compliqués et tu espères que ce sera pas pire que le contournement de rocher de la deuxième étape, ou quelques passages en désescalade arrière de la 3eme étape.

A chaque jour suffit sa peine, on verra demain, mais je sais que la nuit sera longue car maintenant que je connais mieux le GR je sais que je vais mal dormir.

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